Harcèlement : connaître les types de harcèlement et apprendre à réagir

Publié le : 09 mars 20236 mins de lecture

Le harcèlement, selon le dictionnaire, est une insistance impertinente, à l’égard de quelqu’un avec des déclarations, des propositions ou des prétentions. La plupart d’entre nous ont été victimes d’une forme de harcèlement et peut-être même que cela est passé presque inaperçu. En effet, certains types de harcèlement sont très profondément ancrés dans notre société et sont même considérés comme normaux.

Cependant, dans la rue, au travail, entre amis et même à la maison, les gens subissent les types de harcèlement les plus divers. Découvrez lesquels et comment agir dans une telle situation.

Types de harcèlement

Selon l’avocate Elis Marina Bonin Barbieri, il existe plusieurs types de harcèlement. « Dans sa notion la plus élémentaire, le harceleur, généralement en position de pouvoir, cherche à humilier, à dénigrer, à miner la victime, en s’attaquant à sa personnalité, à son intellect ou même à sa forme physique », explique-t-elle.

Les formes les plus courantes et les plus visibles sont le harcèlement moral, l’intimidation, les brimades et le harcèlement sexuel. Ils existent, également, sous d’autres formes, comme le harcèlement des consommateurs (liens de télémarketing et courriers électroniques non sollicités, par exemple) ou le harcèlement des médias (intrusion abusive des médias de presse), entre autres.

Voir certains des principaux types de harcèlement :

Le traquer

C’est la persécution résultant d’une obsession qui envahit l’intimité de la victime, y compris les contacts persistants par téléphone et Internet.

L’intimidation

Pratiquée le plus souvent en milieu scolaire, l’intimidation est la pratique d’actes violents, intentionnels et répétés visant à causer du tort à la victime. « L’intimidation est systématique, généralement sous forme de menaces physiques ou psychologiques, et se traduit par des actes d’humiliation publique, de coercition et/ou de discrimination », souligne Elis.

Harcèlement moral

Le harcèlement moral est l’exposition à une situation humiliante et embarrassante, répétitive ou non, qui vise à humilier, contraindre et dénigrer l’individu. Exemples : horaires de travail quotidiens exhaustifs, contrôle de l’utilisation des toilettes, exécution d’une dynamique de groupe vexante, application de sanctions dans un environnement public, obligation de démissionner, retrait des outils de travail nécessaires aux activités du travailleur ; entre autres. Ce type de harcèlement est assez courant dans l’environnement de travail ; mais peut, également, se produire dans d’autres contextes.

La commission sur l’égalité dans le travail et l’emploi définit le harcèlement comme suit : le harcèlement est tout comportement non désiré, y compris celui fondé sur un facteur discriminatoire, qui est adopté lors de l’entrée dans l’emploi ou dans son propre emploi, travail ou formation professionnelle, dans le but ou avec l’effet de bouleverser ou d’embarrasser une personne, de porter atteinte à sa dignité ou de créer un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou déstabilisant.

Le harcèlement sexuel

Le harcèlement sexuel est tout comportement non désiré de nature sexuelle, sous forme verbale, non-verbale ou physique, ayant pour but ou pour effet de contrarier ou d’embarrasser une personne, d’affecter sa dignité ou de créer un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou déstabilisant.

Elis souligne que le harcèlement sexuel peut être vérifié de diverses manières et à des degrés de gravité variables. « Tout type d’acte sexuel non préalablement autorisé (sans consentement) peut être considéré comme du harcèlement ». Exemples : tout type de contact qui cause une gêne à la victime (baiser, étreinte, caresse, etc.) ; la pratique du stealthing (prendre le préservatif pendant l’acte sexuel à l’insu du partenaire) ; tout acte qui est fait après que la victime a dit « non » ; la coercition/coaction, même verbale ; le viol ; le viol conjugal ; l’atteinte à la décence ; la prise de photos ou leur divulgation sans autorisation ; la demande de faveurs sexuelles en échange de tout type de bénéfice ; etc.

Comment procéder ?

Le harcèlement est souvent si intimidant ou subtil que la victime se sent obligée de ne pas le signaler ou même d’en parler à une autre personne. Cependant, il est important qu’elle connaisse et fasse valoir ses droits.

Comment la victime de harcèlement doit-elle procéder ? Vers qui doit-il se tourner ? Quels sont les droits de la victime ? Elis nous rappelle que n’importe qui, dans n’importe quel environnement, peut être victime de harcèlement. « Tout le monde est sujet au harcèlement, mais l’incidence des victimes féminines est beaucoup plus élevée. »

La victime doit demander une aide psychologique, des soins médicaux et dénoncer l’agresseur dans n’importe quel commissariat de police, en enregistrant un rapport d’incident. « Dans certains cas, la victime peut, également, demander une réparation judiciaire par l’intermédiaire d’un avocat ou du Bureau du défenseur public », enseigne-t-elle.

Outre la personne harcelée, d’autres personnes (des tiers) peuvent, également, le signaler. Toute personne qui a des nouvelles d’un crime ou d’un délit de quelque nature que ce soit peut le signaler.

Elis souligne que certaines personnes ont même l’obligation légale de signaler les crimes sous peine de commettre un crime par omission.

Si vous avez été victime de harcèlement ou si vous connaissez quelqu’un qui est confronté à ce genre de situation, n’ayez pas peur de le signaler en appelant le centre d’appel pour les femmes victimes de violence ou bien celui de la police.

Légiférer pour refuser les discriminations ?
Des outils pour agir localement

Plan du site